En repensant à cette semaine incroyable passée au Banff Playwrights Lab, ce qui me frappe le plus, c’est la profonde générosité des nombreux artistes et créateurs de théâtre que j’ai eu le plaisir de rencontrer et auprès desquels j’ai tant appris. L’écriture dramatique est souvent une expérience très solitaire, surtout au tout début du processus de création. Souvent, le peu de contacts que l’on a avec d’autres dramaturges passe par les réseaux sociaux, où il est facile d’avoir l’impression que nous sommes tous en compétition pour capter l’attention d’un public restreint ou pour obtenir le financement limité des subventions. Pourtant, à maintes reprises durant mon séjour, j’ai ressenti exactement le contraire : j’ai plutôt la chance de faire partie d’une communauté artistique vibrante, qui travaille main dans la main pour rendre le théâtre canadien aussi fort, captivant et audacieux que nous le savons capable de l’être.

J’ai eu la chance d’écouter Yvette Nolan raconter comment elle s’est forgé son propre chemin dans le milieu en tant que « rat de théâtre » (selon ses propres mots), de découvrir la liste de Keith Barker regroupant tous les meilleurs conseils qu’il ait jamais reçus, et d’entendre le Manifeste pour être dramaturge au XXIe siècle de Colleen Murphy — le tout en un seul après-midi ! J’ai exploré les univers que chacun des écrivains participants était en train de créer lors d’un atelier animé par Emma Tibaldo, basé sur l’essai Visit to a Small Planet d’Elinor Fuchs. J’ai assisté à une séance de questions-réponses avec l’inimitable Branden Jacobs-Jenkins. J’ai également pu enrichir et approfondir la pièce sur laquelle je travaille grâce à l’aide de Mike Payette, qui animait chaque matin les séances destinées aux dramaturges de la relève… Et cela ne concernait que les activités officielles !

J’ai aussi pu passer une grande partie de la semaine à discuter avec presque tous les dramaturges présents, et j’ai été constamment impressionnée par la gentillesse sincère de chacun et par leur désir de partager leurs conseils. Au-delà de l’aide à l’écriture que j’ai reçue (qui m’a énormément aidée et qui, je pense, me prépare à merveille pour terminer le premier jet de ma pièce pour New Words cet été), j’ai pu apprendre d’autres artistes des techniques pour surmonter le syndrome de la page blanche, des astuces pratiques pour faire produire son œuvre, ou encore des conseils pour préserver sa propre voix, même lorsque l’on ne fait pas l’unanimité.

Pendant les pauses repas, les promenades en pleine nature et même lors d’une sortie mémorable à la piscine de l’hôtel (qui a commencé par la perte de mes lunettes dans la partie profonde et s’est terminée par une excellente discussion sur la rédaction de demandes de subvention et l’autoproduction), j’ai rencontré et je me suis liée d’amitié avec tant d’artistes inspirants. J’ai soudainement pris conscience, de manière très concrète et personnelle, de la place que je pourrais occuper au sein de l’univers plus vaste du théâtre canadien — avec le travail de qui mes textes entrent en résonance, qui m’inspire, et sur les épaules de quels géants j’ai toujours voyagé, que je le sache ou non.

Je suis tellement reconnaissante pour cette expérience et j’espère sincèrement avoir la chance de revenir un jour pour participer aux deux semaines complètes du laboratoire.

Ella Kohlmann, étudiante de deuxième année en Playwriting, section anglaise

L’École nationale de théâtre du Canada tient à remercier le Banff Centre et le Playwrights’ Lab pour leur précieuse collaboration et leur soutien à la participation de nos élèves à ce programme.

Photos : Ella Kohlmann

Photo de groupe : Rita Taylor