— LE PROJECT

Black Lake, c’est une ancienne mine d’amiante. Une route abandonnée, qui termine en précipice mortelle. Une eau turquoise toxique qui nous donne envie d’y plonger. De la végétation qui apparaît à travers des vestiges de structure métallique. C’est un lieu qui jongle avec le sacré, une petite communauté qui continue de vivre dans les restes d’une des plus grandes villes minières d’Amérique. Black Lake, c’est le désir de s’interroger sur le territoire, sur l’impact qu’a le grandiose sur nous. C’est un exode pur.

Il s’agit aussi d’un projet de création d’une production écrite, mise en scène, conceptualisée et interprétée entièrement par des artistes de la relève de la communauté de L’École National de théâtre du Canada et de L’École supérieure de théâtre de l’UQAM. Suite à un article paru en juillet 2025, racontant le sauvetage d’un groupe de jeunes pris dans la mine de Black Lake à Thetford-Mine, nous avons décidé, Audrey Gendron-Paiement (3e année – interprétation à L’École supérieure de théâtre de l’UQAM) et Matisse Lavoie-Henry (3e année – interprétation à L’École National de théâtre du Canada) de nous plonger dans l’écriture d’une pièce. Nous voulons parler d’un lieu, d’une communauté, d’une région du Québec, tellement riche, mais pourtant si peu connu connu du grand public.

Ça fait 3 ans qu’Audrey et moi allons à Black Lake, chaque été. C’est devenu un rituel avec notre groupe d’amis. Marc-Antoine Nadeau, un de nos amis de la région, nous a initiés à ce territoire et cette petite communauté. Depuis, je ressens le besoin d’y retourner constamment et de faire découvrir ce lieu. J’y suis retourné plusieurs fois à travers les années. Parfois seul, parfois avec d’autres amis, et le constat est toujours le même. Le lieu dégage quelque chose, on me dit :« Il faut que t’écrives là-dessus, il y a quelques à faire avec ça » On sentait que le lieu dégageait quelque chose, on ne savait pas quoi, alors on s’est dit qu’on allait essayer de le découvrir dans l’écriture, dans le théâtre, dans la rencontre avec le réel, le territoire et la fiction, la poésie. Rapidement, nous avons réalisé que nous avions une réelle complicité d’écriture, mais aussi une inspiration commune. Les mots sont arrivés naturellement et l’histoire a commencé à prendre forme. Ça parle du deuil, du sacré qui se cache dans le quotidien, de l’amitié profonde. Toute la complexité humaine rassemblée au fond d’un cratère minier. Nous avons commencé par écrire sans réfléchir, en nous laissant porter par le lieu, pour ensuite réaliser que nous avions envie d’aller au-delà d’un simple texte, et de monter une production qui viendrait de la communauté de nos deux écoles.


— BIOGRAPHIE

Matisse Lavoie-Henry (Interprétation, 2025) est un artiste de la relève originaire de Laval, polyvalent. Diplômé du programme d’Interprétation de l’École nationale de théâtre du Canada, il a su développer et renforcer ses compétences en jeu tout en profitant de la pluralité des programmes de l’école. Matisse s’intéresse à l’écriture pour le théâtre et pour la poésie, il publie d’ailleurs deux recueils durant son parcours à l’école (Fragment, 2024) et (Lire à voix haute dans sa tête, 2025). La mise en scène, la danse et le chant sont aussi dans sa mire. En 2023, il crée avec d’autres diplômés, Quelque chose comme une grande troupe, une troupe de théâtre affiliée à l’organisation OUI Québec, et produit depuis trois ans des spectacles qui ont rallié des milliers de spectateurs.

Durant son parcours en interprétation, Matisse s’est attaqué à une vaste palette de rôles, allant de Pyrrhus dans Andromaque, jusqu’à des rôles de création comme Elliot dans ANIMA, de Jules G. Even, en passant par des classiques québécois comme Marcel dans Marcel poursuivis par les chiens. Au cours de sa formation, il a fait la rencontre et a travaillé en collaboration avec plusieurs artistes d’expérience dont Catherine Vidal, Philippe Boutin, Gabrielle Lessard, Michel-Maxime Legault, Solène Paré, Dominique Pétin, Frédéric Dubois et plusieurs autres.

Dans sa démarche de création, Matisse se positionne toujours dans le questionnement. Le jeu est pour lui une façon d’offrir. Amoureux de la vie, l’art est pour lui une façon de connecter avec l’inconnu, pour apprendre à le découvrir et à l’embrasser.