{"id":6070,"date":"2019-12-19T00:00:00","date_gmt":"2019-12-19T05:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/ent-nts.ca\/blog-article-145\/"},"modified":"2019-12-19T00:00:00","modified_gmt":"2019-12-19T05:00:00","slug":"blog-article-145","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ent-nts.ca\/fr\/blog-article-145\/","title":{"rendered":"La mat\u00e9rialit\u00e9 de la dramaturgie"},"content":{"rendered":"<div class=\"o-section-gutenberg -classic o-text\">\n<p><em>\u00c0 l&rsquo;occasion de l&rsquo;assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale annuelle 2019, quelques \u00e9tudiants ont \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s \u00e0 s&rsquo;exprimer devant les membres du conseil d&rsquo;administration et les gouverneurs de l&rsquo;\u00c9cole. Voici le discours de <strong>Gillian Clark (<a href=\"\" target=\"_self\" rel=\"noopener\">Playwriting<\/a> 3, Halifax, NS)<\/strong> qui parle du courage n\u00e9cessaire pour affronter ses peurs \u00e0 travers une \u00e9criture r\u00e9v\u00e9latrice.<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<figure id=\"fig_bnk_i_3416\" contenteditable=\"false\"> <img decoding=\"async\" class=\"\" src=\"https:\/\/ent-nts.ca\/app\/uploads\/2024\/11\/gillian_clark_aga_speech_3.4-scaled.jpg\" sizes=\"(max-width: 5361px) 100vw, 5361px\" alt=\"\" data-w=\"5361\" data-h=\"3574\" data-r=\"1.5\" \/> <\/figure>\n<p style=\"text-align: center;\"><small><em><strong>Gillian Clark (Playwriting 3, Halifax, NS)<\/strong> lisant son discours lors de l&rsquo;assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale annuelle 2019<\/em><\/small><\/p>\n<\/p>\n<p>Les gens \u00e0 l\u2019ENT me demandent beaucoup pourquoi je fais du th\u00e9\u00e2tre et pourquoi j\u2019\u00e9cris.<br \/>C\u2019est s\u00fbrement une bonne chose, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019on est dans une \u00e9cole de th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n<p>Des fois on dirait que je ne sais pas pourquoi.<br \/>Et des fois on dirait vraiment que je ne sais pas pourquoi.<\/p>\n<p>Et puis des fois je suis assis dans une salle de r\u00e9p\u00e9tition.<br \/>Ou bien j\u2019appelle un mentor.<br \/>Ou encore je suis assis dans une salle de spectacle.<\/p>\n<p>Et quelque chose d\u2019inexplicable se produit. Je pense que c\u2019est comme si une partie de moi-m\u00eame se m\u00e9tamorphosait. Je n\u2019arrive pas \u00e0 mettre des mots sur cette sensation. Je n\u2019y arrive tout simplement pas. Et c\u2019est peut-\u00eatre pour \u00e7a que j\u2019\u00e9cris.<\/p>\n<p>Je pense que l\u2019\u00e9criture trace le plan d\u00e9taill\u00e9 d\u2019un travail qui permettra ensuite cette m\u00e9tamorphose. C\u2019est cette m\u00e9tamorphose que je trouve \u00e0 vrai dire inexplicable.<\/p>\n<p>Je pense que c\u2019est pour \u00e7a que je fais du th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n<p>Mais \u00e7a complique pas mal ma capacit\u00e9 \u00e0 parler de mon travail. <\/p>\n<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><em>\u00ab\u00a0Je pense que j\u2019avais peur qu\u2019elles ne cadrent pas dans une pi\u00e8ce qui parlait d\u2019elles\u00a0\u00bb<\/em><\/h3>\n<p><em><\/em><\/p>\n<p>J\u2019ai r\u00e9cemment eu \u00e0 \u00e9crire une description de projet pour le spectacle que j\u2019ai pr\u00e9par\u00e9 pendant ma deuxi\u00e8me ann\u00e9e. Sarah Elkashelf m\u2019a servi de conseill\u00e8re dramaturgique et Anosh Irani de consultant culturel.<\/p>\n<\/p>\n<section>Harmony<em> Mall<\/em><br \/><em>par Gillian Clark<\/em><\/p>\n<p><em>Diana, mi-vingtaine, se rend en Inde pour travailler avec des jeunes filles qui ont \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9es du trafic sexuel, mais devient elle-m\u00eame une touriste sexuelle. Elle commence alors \u00e0 \u00eatre hant\u00e9e par Soumi, un petit Indien travailleur du sexe qui vit en elle et qui la d\u00e9vore de l\u2019int\u00e9rieur. Harmony Mall est la tentative de Diana d\u2019exorciser publiquement Soumi.<\/em><\/section>\n<\/p>\n<p>Oh non. Ce spectacle a l\u2019air vaguement raciste, de quoi \u00e7a peut bien parler?<\/p>\n<p>C\u2019est une pi\u00e8ce grandement autobiographique. Quand j\u2019avais 22 ans, une compagnie indienne m\u2019a mandat\u00e9 d\u2019\u00e9crire une pi\u00e8ce qui t\u00e9moignerait de la violence dans le trafic sexuel. Alors la Gill que j\u2019\u00e9tais, des \u00e9toiles dans les yeux, pr\u00eate \u00e0 changer le monde, s\u2019est envol\u00e9e pour l\u2019Inde et a travaill\u00e9 \u00e0 monter le spectacle avec des filles qui avaient \u00e9t\u00e9 secourues du trafic sexuel. La premi\u00e8re moiti\u00e9 de la pi\u00e8ce \u00e9tait jou\u00e9e par des com\u00e9diens professionnels locaux. Il \u00e9tait ensuite pr\u00e9vu que les filles dansent durant la seconde partie, mais \u00e7a n\u2019est jamais arriv\u00e9. L\u2019explication que je m\u2019\u00e9tais donn\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9poque \u00e9tait que c\u2019\u00e9tait trop dangereux de laisser ces filles sortir de leur foyer, mais \u00e0 vrai dire&#8230; je pense que j\u2019avais seulement peur d\u2019elles. Je pense que j\u2019avais peur qu\u2019elles ne cadrent pas dans une pi\u00e8ce qui parlait d\u2019elles.<\/p>\n<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><em>\u00ab\u00a0J\u2019aimerais d\u00e9velopper une pratique cr\u00e9ative qui aborderait et susciterait cet inconfort li\u00e9 au changement\u00a0\u00bb<\/em><\/h3>\n<\/p>\n<p>On fait un bond de cinq ans en avant. Je suis \u00e0 l\u2019\u00c9NT et je veux \u00e9crire \u00e0 propos de quelque chose qui me fait vraiment peur. Je m\u2019inspire beaucoup de <strong>Young Jean Lee<\/strong>. C\u2019est une dramaturge am\u00e9ricano-cor\u00e9enne qui \u00e9crit \u00e0 partir de choses dont elle a terriblement peur. Une des pi\u00e8ces que je pr\u00e9f\u00e8re s\u2019appelle <a href=\"https:\/\/thalia.ent-nts.ca\/in\/faces\/details.xhtml?id=p%3A%3Ausmarcdef_0000063721&amp;highlight=the+shipment+lee&amp;posInPage=0&amp;bookmark=3f156f57-6cf5-4477-9895-1a844a49b976&amp;queryid=ef38b743-8352-4260-a888-cc059630a7f3\" rel=\"noopener\" target=\"_blank\">The Shipment<\/a>. Elle a travaill\u00e9 avec une \u00e9quipe de cr\u00e9ateurs afro-am\u00e9ricains pour monter un spectacle traitant des st\u00e9r\u00e9otypes sur les noirs dans les m\u00e9dias. Je crois que sa d\u00e9marche lui permet de cr\u00e9er des pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre o\u00f9 la pr\u00e9sence de tous les cr\u00e9ateurs se fait sentir dans le sc\u00e9nario. Dans ses pi\u00e8ces, il y a toujours trois r\u00e9cits : l\u2019histoire principale, le r\u00e9cit de la cr\u00e9ation du spectacle et puis le r\u00e9cit de la mani\u00e8re par laquelle la vie quotidienne de chaque cr\u00e9ateur pendant la production a influenc\u00e9 le processus de cr\u00e9ation. Pour assister \u00e0 une pi\u00e8ce de Lee, on ne peut pas se laisser soi-m\u00eame en dehors de la salle, on am\u00e8ne tout notre v\u00e9cu avec nous. \u00c7a rend le spectateur vuln\u00e9rable et \u00e7a lui permet de t\u00e2ter la mat\u00e9rialit\u00e9 de la langue de la dramaturge. En gros, \u00e7a donne du th\u00e9\u00e2tre rafra\u00eechissant et excitant.<\/p>\n<\/p>\n<figure id=\"fig_bnk_i_3417\" contenteditable=\"false\"> <img decoding=\"async\" class=\"\" src=\"https:\/\/ent-nts.ca\/app\/uploads\/2024\/11\/gillian_clark_aga_smile-scaled.jpg\" sizes=\"(max-width: 5472px) 100vw, 5472px\" alt=\"\" data-w=\"5472\" data-h=\"3648\" data-r=\"1.5\" \/> <\/figure>\n<p style=\"text-align: center;\"><small><em>Un clich\u00e9 de Gillian Clark (Playwriting 3, Halifax, NS) lors de l&rsquo;assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale annuelle<\/em><\/small><\/p>\n<p>J\u2019ai d\u00e9couvert Lee gr\u00e2ce \u00e0 ma camarade de classe <strong>Kalale Dalton Lutale (Playwriting 3, Toronto, ON)<\/strong>, et la lecture de ses pi\u00e8ces m\u2019a convaincu d\u2019\u00e9crire \u00e0 propos de ce qui me fait peur. De quoi est-ce que j\u2019ai peur? Est-ce que j\u2019ai peur de faire face \u00e0 mon racisme latent et au sentiment de culpabilit\u00e9 inh\u00e9rent au fait d\u2019\u00eatre blanche? Surtout maintenant que je fais partie d\u2019un \u00e9tablissement si diversifi\u00e9? Oui. De quoi est-ce que j\u2019ai le plus peur? Du m\u00e9pris que je pourrais avoir pour moi-m\u00eame pendant cet examen de conscience. Je pense que je n\u2019ai jamais r\u00e9ussi \u00e0 m\u2019en lib\u00e9rer. Je pense que je n\u2019y arriverai jamais. L\u2019artiste multidisciplinaire Marcus Youssef disait qu\u2019il faut reconna\u00eetre que rien n\u2019est jamais compl\u00e9t\u00e9, que tout chemine. Incluant nous-m\u00eames. Incluant la d\u00e9colonisation. Rien n\u2019est termin\u00e9 et il est probable que rien ne puisse s\u2019aboutir. Je crois que la plus grande le\u00e7on que j\u2019ai tir\u00e9e de l\u2019\u00e9criture de ce spectacle r\u00e9side dans le fait que l\u2019\u00e9volution, qu\u2019elle soit ancr\u00e9e dans une institution, en moi ou dans mon travail, est in\u00e9vitablement angoissante. J\u2019aimerais d\u00e9velopper une pratique cr\u00e9ative qui aborderait et susciterait cet inconfort li\u00e9 au changement.<\/p>\n<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><em>\u00ab\u00a0Comment reconna\u00eetre les moments o\u00f9 la validit\u00e9 de ma parole ne se fonde que sur ma blancheur et ceux o\u00f9 je suis born\u00e9e sans le savoir?\u00a0\u00bb<\/em><\/h3>\n<\/p>\n<p>Je parle de ma pratique parce que j\u2019ai l\u2019impression que ma propre exp\u00e9rience est la seule chose qui ne m\u2019appartienne vraiment. J\u2019esp\u00e8re que mes recherches et mes questionnements sp\u00e9cifiques permettront au public et \u00e0 l\u2019\u00c9NT de s\u2019y reconna\u00eetre ou d\u2019y trouver quelque chose de r\u00e9v\u00e9lateur. Voici o\u00f9 j\u2019en suis avec ma pratique en ce moment :<\/p>\n<p>J\u2019\u00e9cris sur des choses tr\u00e8s laides. Je me sers de ma blancheur, de mon appartenance \u00e0 la classe moyenne sup\u00e9rieure et de ma f\u00e9minit\u00e9 comme outils pour faire la lumi\u00e8re sur ce qu\u2019il y a de hideux dans la nature humaine. J\u2019ai l\u2019impression que ce bagage personnel fait autant ma force que ma faiblesse, mais je per\u00e7ois de plus en plus ma blancheur comme une faute.<\/p>\n<p>L\u2019\u00c9NT a fait \u00e9clore mon int\u00e9r\u00eat pour de nouvelles m\u00e9thodes de travail. Parfois, cette curiosit\u00e9 surgit lorsque je suis expos\u00e9e \u00e0 de nouvelles pratiques cr\u00e9atrices, et parfois lorsque je suis soudainement \u00e9clair\u00e9e sur les id\u00e9es que j\u2019avais eues jusque l\u00e0 sur la bonne mani\u00e8re de travailler. J\u2019essaie de me d\u00e9faire de cette conception de la dramaturgie : l\u2019auteur s\u2019assoit \u00e0 son bureau, l\u2019auteur \u00e9crit, le com\u00e9dien joue et l\u2019auteur peut tout expliquer de son \u0153uvre. C\u2019est rare que j\u2019arrive \u00e0 expliquer quoi que ce soit. J\u2019ai aussi commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9tudier la mani\u00e8re par laquelle mon h\u00e9ritage colonialiste guide inconsciemment ma conduite pendant des r\u00e9p\u00e9titions ou pendant que j\u2019\u00e9cris.<\/p>\n<p>Comment travailler de mani\u00e8re plus circulaire? Comment redonner de la valeur aux traditions orales? Comment me rendre plus imputable? Comment reconna\u00eetre les moments o\u00f9 la validit\u00e9 de ma parole ne se fonde que sur ma blancheur et ceux o\u00f9 je suis born\u00e9e sans le savoir? \u00c7a non plus je n\u2019arrive pas \u00e0 le d\u00e9terminer. Il faudrait que je me pose les bonnes questions, mais je ne les trouve pas toutes. C\u2019est aussi pour cela que j\u2019\u00e9cris.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><em>\u00a0\u00bb Les fins ne sont jamais faciles. \u00c0 vrai dire, je pense qu\u2019il n\u2019y a pas de bonne mani\u00e8re de conclure parce que je chemine encore\u00a0\u00bb<\/em><\/h3>\n<\/p>\n<p>Le myst\u00e8re de l\u2019\u00e9criture dramatique r\u00e9side beaucoup dans sa nature solitaire qui emp\u00eache de vraiment voir comment les autres travaillent. Si quelqu\u2019un voulait me suivre pendant mon travail, il entendrait beaucoup de soupirs et il me verrait surtout post\u00e9e \u00e0 regarder par la fen\u00eatre. \u00c7a serait comme suivre un chat. J\u2019aimerais beaucoup organiser \u00e0 l\u2019\u00e9cole des ateliers ponctuels o\u00f9 on pourrait dissiper le myst\u00e8re qui entoure l\u2019\u00e9criture th\u00e9\u00e2trale et la cr\u00e9ation. Comment faire la lumi\u00e8re sur leurs rouages? L\u2019\u00e9criture th\u00e9\u00e2trale canadienne est grandement issue de la tradition europ\u00e9enne et je ne demande rien de mieux qu\u2019une discussion qui nous permettrait de renouveler notre pratique. Comment est-ce que je peux faire de la place \u00e0 l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 et aux autres m\u00e9thodes de travail dans les sc\u00e9narios que je cr\u00e9e? Comment les institutions peuvent-elles faire avancer la discussion? Il y a plusieurs artistes qui travaillent en ce sens et que j\u2019admire. Il y a Kim Senklip Harvey, une grande artiste (dramaturge, metteur en sc\u00e8ne et com\u00e9dienne) dont le travail explore la mani\u00e8re par laquelle les Autochtones et les autres Canadiens peuvent renouer des liens de mani\u00e8re \u00e9thique. (Si vous n\u2019en avez pas encore eu la chance, allez jeter un coup d\u2019\u0153il \u00e0 son blogue!) Il y a aussi Marcus Youssef, \u00e0 qui j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 fait r\u00e9f\u00e9rence, qui travaille avec des gens de tous les horizons. Il collabore avec des artistes atteints de trisomie 21 et ainsi qu\u2019avec des artistes neurotypiques. Il y a \u00e9galement Laura Nanni qui est la directrice artistique et administratrice du festival SummerWorks. Je prends le soin de la nommer parce qu\u2019en d\u00e9pit du fait qu\u2019elle soit blanche, elle fait un excellent travail d\u2019inclusion d\u2019artistes issus de la diversit\u00e9, et ce d\u00e8s les premiers stades de l\u2019organisation du festival. Elle n\u2019a pas peur de mettre au programme des cr\u00e9ations difficiles d\u2019approche, ce qui permet aux artistes et au public de se familiariser et de grandir au contact de performances innovantes.<\/p>\n<p>J\u2019essaie de trouver une mani\u00e8re habile de tirer une conclusion de tout \u00e7a. Les fins ne sont jamais faciles. \u00c0 vrai dire, je pense qu\u2019il n\u2019y a pas de bonne mani\u00e8re de conclure parce que je chemine encore.<\/p>\n<p>C\u2019est s\u00fbrement aussi pour cela que je fais du th\u00e9\u00e2tre. Il y aura toujours du travail \u00e0 faire.<\/p>\n<\/p>\n<figure id=\"fig_bnk_i_3418\" contenteditable=\"false\"> <img decoding=\"async\" class=\"\" src=\"https:\/\/ent-nts.ca\/app\/uploads\/2024\/11\/gillian-1.png\" sizes=\"(max-width: 318px) 100vw, 318px\" alt=\"\" data-w=\"318\" data-h=\"262\" data-r=\"1.2137404580153\" \/> <\/figure>\n<\/p>\n<figure><strong>Gillian Clak (Playwriting 3, Halifax, NS)<\/strong> est une \u00e9tudiante de troisi\u00e8me ann\u00e9e dans le programme de <a href=\"\" target=\"_self\" rel=\"noopener\">Playwriting<\/a>.<\/figure>\n<\/p>\n<hr \/>\n<p><strong><em><a href=\"https:\/\/forms.ent-nts.ca\/fr\/infolettre\" rel=\"noopener\" target=\"_blank\">Abonnez-vous \u00e0 l\u2019infolettre<\/a>. 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