{"id":6037,"date":"2018-10-25T00:00:00","date_gmt":"2018-10-25T04:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/ent-nts.ca\/blogue-pourquoi-choquer\/"},"modified":"2018-10-25T00:00:00","modified_gmt":"2018-10-25T04:00:00","slug":"blogue-pourquoi-choquer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ent-nts.ca\/fr\/blogue-pourquoi-choquer\/","title":{"rendered":"Pourquoi choquer ?"},"content":{"rendered":"<div class=\"o-section-gutenberg -classic o-text\">\n<figure id=\"fig_bnk_i_1328\" contenteditable=\"false\"> <img decoding=\"async\" class=\"\" src=\"https:\/\/ent-nts.ca\/app\/uploads\/2024\/11\/Tamara_vignette.jpg\" sizes=\"(max-width: 400px) 100vw, 400px\" alt=\"\" data-w=\"400\" data-h=\"334\" data-r=\"1.1976047904192\" \/> <\/figure>\n<\/p>\n<p><strong><em><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/ent-nts.ca\/app\/uploads\/2024\/11\/Tamara_vignette.jpg\" alt=\"\" class=\"\" sizes=\"(max-width: 400px) 100vw, 400px\" data-w=\"400\" data-h=\"334\" data-r=\"1.1976047904192\" \/><\/em><\/strong><\/p>\n<h4><strong><em>*Cet article fait partie d\u2019une suite sur le th\u00e8me <\/em><em>\u00ab Pourquoi et comment choquer au th\u00e9\u00e2tre \u00bb \u00e9crit par nos deux finissants du programme d\u2019\u00c9criture dramatique, Tamara Nguyen et Hugo Fr\u00e9jabise. <a href=\"\" target=\"_self\" rel=\"noopener\"><em>Cliquez ici pour lire l&rsquo;article de Hugo Fr\u00e9jabise, <\/em>Comment choquer?<\/a><\/em><\/strong><\/h4>\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Les pi\u00e8ces qui m\u2019ont le plus marqu\u00e9e sont celles qui m\u2019ont choqu\u00e9e. Par leur propos, par leur violence, par le trash, par un retournement habile, par un punch. J\u2019ai moins d\u2019int\u00e9r\u00eat pour les histoires \u00e0 la trame plus classique, aussi habiles puissent-elles \u00eatre, parce que la pr\u00e9visibilit\u00e9 de leur d\u00e9nouement m\u2019ennuie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Cela dit, je ne sais pas si mon go\u00fbt pour le choc peut se d\u00e9fendre plus ais\u00e9ment que le go\u00fbt de lire un article \u00e0 cause de son titre en <em>clickbait<\/em>. L\u2019an dernier, un bon ami et moi sommes all\u00e9s voir un show de danse uniquement \u00e0 cause de la controverse qui l\u2019entourait et nous sommes sortis d\u00e9\u00e7us de ne pas avoir eu envie de quitter la salle avant, en hurlant au remboursement de billets. Qu\u2019est-ce que \u00e7a dit de nous si ce n\u2019est que nous sommes extr\u00eamement sensibles \u00e0 la publicit\u00e9 et aux codes bien rod\u00e9s du marketing?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Le choc fait vendre, \u00e7a ne date pas d\u2019hier, mais notre m\u00e9fiance \u00e0 son \u00e9gard ne semble pas s\u2019\u00eatre renforc\u00e9e. \u00c0 mon avis, c\u2019est parce que nous en avons d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment besoin. J\u2019ai l\u2019impression que dans une soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019efficience et de la productivit\u00e9, nos \u00e9motions ont une place tr\u00e8s d\u00e9limit\u00e9e. Il est bien vu d\u2019\u00eatre chaleureux, g\u00e9n\u00e9reux de son temps, dynamique et rigoureux, mais je ne sais pas si ces qualit\u00e9s servent plus notre entourage que l\u2019avancement d\u2019un travail. Ce que je sais, c\u2019est que la d\u00e9prime, la d\u00e9tresse et la d\u00e9pression sont trop souvent trait\u00e9es comme des \u00e9l\u00e9ments qui perturbent le bon fonctionnement d\u2019une activit\u00e9, en atteste le dernier passage d\u2019Hubert Lenoir \u00e0 <em>Tout le monde en parle.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab J\u2019ai un peu le go\u00fbt de me crisser en feu ces temps-ci \u00bb, a-t-il dit. Sur le plateau de l\u2019\u00e9mission hebdomadaire, dont l\u2019ambiance est habituellement ficel\u00e9e par l\u2019ironie et la bonne humeur, tous se sont perceptiblement tendus. Il y a eu une anomalie dans le programme et le premier r\u00e9flexe des animateurs a \u00e9t\u00e9 de vouloir l\u2019assimiler avec des blagues. Avec trop de blagues. \u00c7a a redoubl\u00e9 l\u2019embarras. Et que titraient les grands journaux au lendemain de la diffusion? Controverse. Provocation. \u00c9videmment, Hubert Lenoir \u00e9tait dans une logique d\u2019autopromotion ce soir-l\u00e0. \u00c9videmment, dire sur un plateau de t\u00e9l\u00e9vision qu\u2019on a des envies suicidaires, c\u2019est pour vendre son album, c\u2019est pour se vendre soi-m\u00eame, c\u2019est parce que <em>Tout le monde en parle,<\/em> c\u2019est tout juste mieux que <em>Shopping TVA.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais non, ce n\u2019est \u00e9videmment pas parce qu\u2019Hubert Lenoir \u00e9tait sinc\u00e8re dans sa d\u00e9tresse et qu\u2019il en cherchait les \u00e9chos chez d\u2019autres, qu\u2019il voulait normaliser cette b\u00eate noire qu\u2019est la sant\u00e9 mentale autrement qu\u2019en publiant #BellCause une fois l\u2019an.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Je ne bl\u00e2me ni les animateurs de <em>Tout le monde en parle<\/em> ni les journalistes du clic \u00e0 pi\u00e8ges. Le langage que nous ma\u00eetrisons le mieux est celui de la publicit\u00e9. Notre premier r\u00e9flexe devient alors celui de lire les gens comme des produits. Nos parcours scolaires nous ont trop bien appris \u00e0 \u00eatre rentables, avec des phrases accrocheuses, de belles photos, des CV esth\u00e9tiquement plaisants. Que faire d\u2019autre pour int\u00e9grer le milieu du travail? Que faire d\u2019autre si nous voulons que nos id\u00e9es et notre art aient une tribune? Rien, sans doute. Il faut jouer le jeu, m\u2019a-t-on souvent dit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais le choc, je veux le garder, je veux le r\u00e9inventer, l\u2019\u00f4ter des griffes des communications, du \u00ab <em>But wait, there\u2019s more!<\/em> \u00bb. Je veux le rendre au th\u00e9\u00e2tre. Les pi\u00e8ces qui m\u2019ont le plus marqu\u00e9e sont celles qui m\u2019ont choqu\u00e9e. Parce que l\u2019espace d\u2019une soir\u00e9e, elles ont pulv\u00e9ris\u00e9 les d\u00e9limitations rigides de mes \u00e9motions. La catharsis m\u2019a permis de sacrer, de gueuler, d\u2019\u00eatre en col\u00e8re, de vouloir frapper, cogner, massacrer, d\u2019\u00eatre d\u00e9prim\u00e9e, d\u2019\u00eatre suicidaire, au bout du rouleau ou d\u2019un n\u0153ud coulant. Il n\u2019y avait pas d\u2019excuses \u00e0 donner, pas de blagues pour m\u2019assimiler, aucune envie de se crisser en feu \u00e0 att\u00e9nuer, aucune humanit\u00e9 \u00e0 resserrer. Choquer, c\u2019est aussi nous lib\u00e9rer d\u2019un syst\u00e8me marchand qui asservit chaque jour davantage notre vuln\u00e9rabilit\u00e9. Et c\u2019est la cause que j\u2019ai le plus \u00e0 c\u0153ur : faire de l\u2019art qui ne se laisse pas consommer et qui nous rend un peu moins consommables.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><small>Cet article s&rsquo;inscrit dans le contexte de <a href=\"\" target=\"_self\" rel=\"noopener\"><em>Cabaret Nadal<\/em><\/a>, un spectacle cr\u00e9\u00e9 par cinq \u00e9tudiant.e.s et finissant.e.s en \u00c9criture dramatique, et une \u00e9tudiante en Production \u00e0 l&rsquo;invitation du Centre du Th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;Aujourd&rsquo;hui<\/small><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Premier article d&rsquo;une s\u00e9rie de deux sur le th\u00e8me <strong><em>\u00ab Pourquoi et comment choquer au th\u00e9\u00e2tre \u00bb <\/em><\/strong>\u00e9crit par <strong>Tamara Nguyen et Hugo Fr\u00e9jabise,<\/strong> finissants du programme d&rsquo;\u00c9criture dramatique [\u2026]\u00a0<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2126,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[125],"tags":[],"class_list":["post-6037","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-opinions"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ent-nts.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6037","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ent-nts.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ent-nts.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ent-nts.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ent-nts.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6037"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ent-nts.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6037\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ent-nts.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2126"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ent-nts.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6037"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ent-nts.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6037"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ent-nts.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6037"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}