{"id":6036,"date":"2018-09-27T00:00:00","date_gmt":"2018-09-27T04:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/ent-nts.ca\/blogue-de-la-necessite-du-sensible\/"},"modified":"2018-09-27T00:00:00","modified_gmt":"2018-09-27T04:00:00","slug":"blogue-de-la-necessite-du-sensible","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ent-nts.ca\/fr\/blogue-de-la-necessite-du-sensible\/","title":{"rendered":"De la n\u00e9cessit\u00e9 du sensible"},"content":{"rendered":"<div class=\"o-section-gutenberg -classic o-text\">\n<figure id=\"fig_bnk_i_1280\" contenteditable=\"false\"> <img decoding=\"async\" class=\"\" src=\"https:\/\/ent-nts.ca\/app\/uploads\/2024\/11\/matti_bio_2.jpg\" sizes=\"(max-width: 400px) 100vw, 400px\" alt=\"\" data-w=\"400\" data-h=\"334\" data-r=\"1.1976047904192\" \/> <\/figure>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/ent-nts.ca\/app\/uploads\/2024\/11\/matti_bio_2.jpg\" alt=\"\" class=\"\" sizes=\"(max-width: 400px) 100vw, 400px\" data-w=\"400\" data-h=\"334\" data-r=\"1.1976047904192\" \/><\/p>\n<\/p>\n<p><strong>Soir de r\u00e9p\u00e9tition au Monument-National.<\/strong><br \/><strong>On monte le texte de finissante de Liliane Gougeon Moisan, avec Michel-Maxime Legault.<\/strong><br \/><strong>\u00ab L\u2019art de vivre \u00bb.<\/strong><br \/><strong>Un texte qui, sans vous vendre de punch, parle du vide.<\/strong><br \/><strong>Vide des discours,<\/strong><br \/><strong>vide existentiel,<\/strong><br \/><strong>vide \u00e9motionnel.<\/strong><br \/><strong>En d\u2019autres termes, du manque de sensible.<\/strong><br \/><strong>Un texte cadeau pour des actrices* en fin de formation.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Mais ce soir, malgr\u00e9 l\u2019enthousiasme que m\u2019inspire le projet, j\u2019avoue que j\u2019ai la t\u00eate qui vagabonde. <\/strong><\/p>\n<p><strong>Je pense \u00e0 l\u2019artiste et \u00e0 son devoir d\u2019engagement social.<\/strong><br \/><strong>\u00c0 son devoir de prendre parole. <\/strong><\/p>\n<p><strong>Je pense \u00e0 G\u00e9rald Godin,<\/strong><br \/><strong>je pense \u00e0 Pauline Julien,<\/strong><br \/><strong>je pense \u00e0 Marc Favreau,<\/strong><br \/><strong>\u00e0 Gaston Miron,<\/strong><br \/><strong>\u00e0 V\u00e9ronique C\u00f4t\u00e9,<\/strong><br \/><strong>\u00e0 Catherine Dorion.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ces derni\u00e8res semaines, Catherine Dorion m\u2019inspire beaucoup.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dipl\u00f4m\u00e9e du Conservatoire d\u2019art dramatique de Qu\u00e9bec en 2004, elle m\u00e8ne en ce moment, sous l\u2019\u00e9gide de Qu\u00e9bec Solidaire, une campagne historique dans Taschereau. Elle est en train de redonner un nouveau souffle au mouvement ind\u00e9pendantiste, \u00e0 la politique et \u00e0 la ville de Qu\u00e9bec au grand complet, et ce souffle, tels les grands vents qui nous auraient tellement fait du bien cet \u00e9t\u00e9, se fait sentir jusqu\u2019ici, \u00e0 Montr\u00e9al.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Et c\u2019est l\u00e0 que j\u2019en suis dans mon vagabondage, quand Michel-Maxime annonce la pause.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Et puis on descend tous.<\/strong><br \/><strong>Et puis on se retrouve dans la rue, sur Saint-Laurent.<\/strong><br \/><strong>Et puis on passe devant la vitrine du caf\u00e9 du Monument.<\/strong><br \/><strong>Et puis c\u2019est le tournage de <em>Deux hommes en or<\/em>.<\/strong><br \/><strong>Comme \u00e0 pas mal tous les jeudis.<\/strong><br \/><strong>Et puis qui, qui est-ce que j\u2019aper\u00e7ois dans la vitrine, en pleine entrevue avec Patrick Lagac\u00e9 ?<\/strong><br \/><strong>Catherine Dorion.<\/strong><br \/><strong>Alors je suis parcouru d\u2019un frisson.<\/strong><br \/><strong>Parce qu\u2019il y a de ces hasards qui sont beaucoup trop beaux pour en \u00eatre vraiment.<\/strong><br \/><strong>De ces hasards qui font que la raison nous \u00e9chappe et qu\u2019on a l\u2019impression d\u2019acc\u00e9der au grandiose.<\/strong><\/p>\n<p><strong>L\u2019entrevue se termine, je vais la voir.<\/strong><\/p>\n<p><strong>J\u2019avoue \u00eatre un peu intimid\u00e9. Comme on peut l\u2019\u00eatre avec tous ceux qu\u2019on admire. Je me pr\u00e9sente. On se met \u00e0 jaser comme on n\u2019aurait pas pu le faire si \u00e7a avait \u00e9t\u00e9 planifi\u00e9. Elle me parle de Pauline Julien (tiens, tiens) qui a d\u00e9j\u00e0 fait de la prison parce qu\u2019elle d\u00e9rangeait trop. Elle me dit qu\u2019on s\u2019\u00e9tonne souvent que les plus riches ne se servent pas plus de leur argent pour le bien de la collectivit\u00e9, mais que nous, artistes, on a peut-\u00eatre pas les poches pleines, mais notre c\u0153ur, lui, d\u00e9borde de partout, nous devons nous en servir. Elle me dit que nous avons la responsabilit\u00e9 d\u2019utiliser notre sensibilit\u00e9, notre amour, pour le bien de la collectivit\u00e9. Que nous ne devons pas en \u00eatre avares.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Elle me parle de la difficult\u00e9 qu\u2019on peut avoir, en tant qu\u2019artiste, \u00e0 parler de politique.<\/strong><br \/><strong>\u00ab On veut que les gens nous aiment, alors on n\u2019ose pas trop parler de nos positions. \u00bb<\/strong><br \/><strong>C\u2019est un f\u00e2cheux calcul, il me semble.<\/strong><br \/><strong>Catherine le prouve dans Taschereau.<\/strong><br \/><strong>Elle bouleverse tout sur son passage.<\/strong><br \/><strong>Elle est un ouragan d\u2019espoir.<\/strong><br \/><strong>Parce qu\u2019elle lib\u00e8re en nous tout ce qui est sensible et trop longtemps rest\u00e9 enfoui.<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><strong>Et alors tout,<\/strong><br \/><strong>tout se transforme en \u00e9vidence.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Nous, les artistes, devons investir la place publique.<\/strong><br \/><strong>Nous devons sortir des th\u00e9\u00e2tres et des mus\u00e9es.<\/strong><br \/><strong>Comme l\u2019ont fait des g\u00e9n\u00e9rations d\u2019artistes avant nous.<\/strong><br \/><strong>Nous sommes puissants parce que nous sommes sensibles.<\/strong><br \/><strong>Nous avons l\u2019empathie.<\/strong><br \/><strong>Nous avons la tendresse.<\/strong><br \/><strong>Nous avons la d\u00e9licatesse d\u2019un regard bienveillant sur l\u2019humain.<\/strong><br \/><strong>Nous pouvons donc avoir une influence immense.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Apr\u00e8s avoir rencontr\u00e9 Catherine, je suis tomb\u00e9 sur une chronique de Denise Bombardier. Dans sa chronique, elle invitait les qu\u00e9b\u00e9cois et qu\u00e9b\u00e9coises \u00e0 se m\u00e9fier de Manon Mass\u00e9. En gros, elle d\u00e9clarait que la co-porte parole de Qu\u00e9bec Solidaire, sous ses airs sympathiques, cachait assur\u00e9ment sa vraie nature manipulatrice.<\/strong><\/p>\n<p><strong>En sommes-nous arriv\u00e9s \u00e0 ce point ou la moindre marque de tendresse ou de bont\u00e9 nous effraie ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>C\u2019est vrai que la politique, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, nous a habitu\u00e9s \u00e0 \u00e7a. <\/strong><\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong>Nous sommes en p\u00e9nurie de tendresse, de bont\u00e9. <\/strong><br \/><strong>Une caresse nous effraie.<\/strong><\/p>\n<p><strong>De l\u00e0, donc, la responsabilit\u00e9 immense de l\u2019artiste.<\/strong><\/p>\n<p><strong>De l\u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019avoir plus de Catherine Dorion.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Parce qu\u2019avec le privil\u00e8ge des tribunes doit venir la responsabilit\u00e9 de bouleversement.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Alors oui,<\/strong><br \/><strong>com\u00e9diens, com\u00e9diennes,<\/strong><br \/><strong>auteurs, autrices,<\/strong><br \/><strong>sc\u00e9nographes,<\/strong><br \/><strong>metteurs en sc\u00e8ne, metteures en sc\u00e8ne,<\/strong><br \/><strong>chanteurs, chanteuses,<\/strong><br \/><strong>po\u00e8tes, po\u00e9tesses,<\/strong><br \/><strong>Nous devons \u00eatre grandioses,<\/strong><br \/><strong>lumineux,<\/strong><br \/><strong>amoureux.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Nous devons nous engager.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Et ne plus avoir peur de partager avec le monde ce qui nous bouscule, ce qui a la force de nous faire vibrer.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Peut \u00eatre ainsi constaterons-nous que nous ne sommes pas seuls.<br \/><\/strong><\/p>\n<p><strong><\/strong><\/p>\n<h5><strong><br \/><\/strong><br \/>*Le f\u00e9minin l&#8217;emporte, 3 personnes sur 4 sont des com\u00e9diennes sur ce spectacle.<\/h5>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mattis\u00a0Savard-Verhoeven (Interpr\u00e9tation, 4e ann\u00e9e, Montr\u00e9al) nous parle de sa rencontre avec Catherine Dorion, candidate pour Qu\u00e9bec Solidaire dans la circonscription de Taschereau et du r\u00f4le politique de l&rsquo;artiste\u00a0[\u2026]\u00a0<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2117,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[125],"tags":[],"class_list":["post-6036","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-opinions"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ent-nts.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6036","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ent-nts.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ent-nts.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ent-nts.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ent-nts.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6036"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ent-nts.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6036\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ent-nts.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2117"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ent-nts.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6036"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ent-nts.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6036"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ent-nts.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6036"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}