À l'occasion de l'assemblée générale annuelle 2019, quelques étudiants ont été invités à s'exprimer devant les membres du conseil d'administration et les gouverneurs de l'École. Voici le discours d'Irdens Exantus (Interprétation 3, Laval, QC) qui parle du moment où il a su que sa vie serait liée d’une manière ou d’une autre au théâtre. 


Irdens Exantus (Interprétation 3, Laval, QC) donnant son discours lors de l'assemblée générale annuelle 2019

Tout d’abord, avant de commencer, j’aimerais prendre le temps de remercier les membres du conseil d’administration et les gouverneurs de me permettre d’être ici avec vous ce matin.

Mon nom est Irdens Exantus et je suis un étudiant de troisième année du programme d’Interprétation à l’École nationale de théâtre du Canada. J’ai grandi à Fabreville, un quartier de Laval, tout en fréquentant le Collège français de Montréal sur l’avenue Fairmount, à deux coins de rue d’ici. C’est d’ailleurs à cette école que j’ai fait la rencontre d’Emmanuelle Ouellette, mon enseignante d’art dramatique de l’époque, qui m’a permis de vivre mes premières grandes amours avec le théâtre.

Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours eu un rapport fusionnel avec les arts. Pourtant, à cette époque, je ne m’étais pas encore rendu compte à quel point Mme Ouellette venait de nourrir en moi cette flamme incandescente qu’est aujourd’hui devenu pour moi le besoin viscéral de jouer. Le besoin de vivre ce moment où l’on plonge tête première dans le vide; où le temps est suspendu; où l’on se partage nos craintes, nos questionnements, nos révoltes.

Camille Giguerre-Côté (Interprétation 3, Montréal, QC) et Irdens Exantus (Interprétation 3, Laval, QC) dans Dessiner le monde*, un spectacle jeune public écrit par Tamara Nguyen (Écriture dramatique, 2019) et Hugo Féjabise (Écriture dramatique, 2019)

Or, l’idée de poursuivre mes études pour devenir ingénieur mécanique, avocat ou même pasteur (le fantasme de tout parent haïtien pour son jeune fils!) l’emportait largement sur cette passion nouvellement découverte. Je voulais poursuivre le rêve de mes parents avant tout.

C’est au Cégep Montmorency que j’ai fini par renforcer mon amour pour le jeu en entrant dans la troupe de théâtre Délirium. À la fin de mon parcours collégial, mon metteur en scène m’a recommandé au stage Horizons Diversité, un programme de quatre jours où les participants explorent différents aspects de la formation d’acteur à l’ÉNT grâce à des ateliers offerts par ses enseignants et formateurs. À cette période, je ne connaissais pas grand-chose de cette école, mis à part le fait qu’elle était l’une des plus prestigieuses en théâtre au Canada et que de grands noms comme Roy Dupuis, Sylvie Drapeau ou Didier Lucien (mon préféré!) y avaient étudié.

Lydia Sherknies (Interprétation 3, Montréal, QC) et Irdens Exantus (Interprétation 3, Laval, QC) dans la pièce Dessiner le monde, textes de Tamara Nguyen (Écriture dramatique,  2019) et Hugo Fréjabise (Écriture dramatique, 2019)

Cependant, ce stage fut une véritable révélation pour moi. C’est à ce moment bien précis que j’ai eu mon coup de cœur pour l’École nationale de théâtre, de par la qualité des formateurs mais aussi grâce aux ateliers, qui, déjà, m’avaient permis d’apprendre à mieux me connaître, à me surpasser en tant qu’acteur et à développer mon identité en tant qu’artiste à part entière.

J’ai su, à cette période précise, que ma vie serait liée d’une manière ou d’une autre au théâtre. Mon désir d’en faire et d’en vivre en est devenu presque maladif. Il ne fut pleinement assouvi qu’après avoir pris la décision de m’inscrire au programme d’Interprétation et d’entrer à l’École nationale, malgré la chance inouïe, tout de suite après le stage Horizons Diversité, d’avoir fait mes premiers pas au grand écran dans le long-métrage Guibord s’en va-t-en guerre de Philippe Falardeau. Malgré le fait de prendre un énorme risque en promettant à mes parents que leur fils aurait une carrière plus que prolifique dans ce métier. Malgré aussi le fait qu’ici, tout n’est jamais acquis, que tout est toujours à recommencer et que c’est ce qu’il y a de plus terrifiant.

Maxime-Olivier Potvin (Interprétation 3, La Prairie, QC)Lydia Sherknies (Interprétation 3, Montréal, QC), Irdens Exantus (Interprétation 3, Laval, QC) et  Fabrice Girard (Interprétation 3, Montréal, QC) dans la pièce Dessiner le monde, textes de Tamara Nguyen (Écriture dramatique,  2019) et Hugo Fréjabise (Écriture dramatique, 2019)

Néanmoins, c’est pour vivre tout cela que j’ai décidé de venir étudier ici. Pour vivre ces moments de pleine liberté où l’on peut prendre le temps de chercher, de se tromper, de chercher plus loin encore, de cultiver ce qu’on trouve et tout ce qui forge notre caractère, notre personnalité, notre ADN artistique. Pour vivre ces moments où l’on se donne le droit de célébrer entièrement l’existence.

Merci.

Irdens Exantus (Interprétation 3, Laval, QC) est un étudiant de troisième année à l'École nationale de théâtre dans le programme Interprétation


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