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Judith Koltai, professeure de mouvement, avec des étudiants en Acting. © Maxime Côté |
LA PASSATION DES POUVOIRS
Plus souvent qu’autrement, l’expression « passation des pouvoirs » relève du jargon politique ou administratif ; on y a recours volontiers lors des changements de gouvernement, mais rarement aborde-t-on ce phénomène franchement
dans les institutions et le monde culturels. Les courbes démographiques ne mentent pourtant pas : la population vieillit et les baby-boomers ont déjà commencé à se retirer de la scène ; certains jeunes artistes piaffent donc d’impatience
devant les horizons professionnels lumineux qu’on leur promet depuis belle lurette. Si les têtes dirigeantes préparent leur sortie, elles partent aussi avec un lot de connaissances dont devraient bénéficier les générations qui les suivent.
L’équipe d’ént magazine participe à la réflexion afin de trouver une façon harmonieuse et inspirée d’assurer le passage du flambeau dans le milieu culturel.
S’il en va de l’avenir et de la survie d’un artiste
de la relève d’apprendre à faire sa place – alors que le défi, pour un artiste d’expérience, consiste à savoir durer –, n’est-il pas d’autant plus important qu’il
sache d’où il vient, qu’il puisse reconnaître l’apport de ses aînés pour ensuite faire sa marque à sa manière, en évitant les écueils du conformisme, en étant conscient des réalisations des générations
précédentes et en assumant pleinement, donc, sa volonté de rompre ou de continuer certaines traditions ou approches ? Presque par définition, les jeunes artistes et travailleurs culturels remettent en question les institutions, dont ils envient ou exècrent les
privilèges et auxquelles, souvent, ils n’ont pas accès. Mais si on confiait le devoir à ces mêmes lieux théâtraux d’accueillir en résidence de jeunes compagnies, auteurs ou metteurs en scène pour leur permettre d’accéder à des
ressources physiques, intellectuelles et humaines inestimables pour ces derniers, peut-être qu’un pont se bâtirait plus naturellement entre les détracteurs des institutions et ceux qui les dirigent.
La passation des pouvoirs représente un véritable défi sociétal.
Peut-on réussir cette transition sans trop de heurts, en effaçant toute trace d’âgisme ou d’infantilisation ? Les expériences de mentorat ne tendent qu’à la
faciliter. Encore faut-il que certains aient l’humilité de jouer les rôles des apprentis et d’autres, la générosité d’endosser ceux des maîtres. La beauté de ces relations intergénérationnelles, c’est qu’il est
impossible de prédire qui apprendra de qui...
Des gens de tous les domaines sonnent présentement l’alarme et réclament un pacte de solidarité entre les générations. Mises à part les dettes à payer, les hypothèques qui pèsent
sur l’environnement ou sur notre santé collective
et les lourdes responsabilités fiscales qu’un nombre de plus en plus restreint de travailleurs devra bientôt assumer, prenons le temps, dans ce débat, de s’attarder particulièrement à la communication entre les individus. Sur la scène d’un théâtre,
les membres d’une distribution défendent tous la même œuvre, certains comptant des années d’expérience et d’autres sortant à peine d’une école de formation. En répétant ensemble dans un espace de confiance et d’engagement,
ils apprennent à se connaître, à s’écouter et à jouer leur rôle.
L’équipe d’ént magazine
ént magazine
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Éditeur
Simon Brault
Rédacteur en chef
Hugo Couturier Collaborateurs
Raymond Bertin
André Lavoie
Christian Saint-Pierre |
Révision
Hugo Couturier
Diane Pavlovic
Conception graphique
www.bertuch.ca
Impression
Impart Litho
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Dépôt légal
Bibliothèque nationale
du Québec
ISSN 1715-0256
Tirage
6500 exemplaires |
ént-nts magazine
École nationale de théâtre
5030, rue Saint-Denis
Montréal (Québec) H2J 2L8
Tél. : 514.842.7954
ou sans frais : 1.866.547.7328
Fax : 514.842.5661
Courriel : info@ent-nts.qc.ca |

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