Prix Gascon-Thomas
Récipiendaires
Prix Gascon-Thomas

Prix Gascon-Thomas 1999

Michel Tremblay et Christopher Newton :
récipiendaires du Prix Gascon-Thomas 1999

Montréal, le 29 octobre 1999 – L’École nationale de théâtre (ÉNT) est fière d’annoncer que l’auteur Michel Tremblay et le directeur artistique du Shaw Festival, Christopher Newton, sont les récipiendaires du Prix Gascon-Thomas pour l’année 1999.

Le Prix Gascon-Thomas a été créé en 1990 par le Bureau des gouverneurs de l’École afin de rendre hommage à des professionnels ayant contribué de façon exceptionnelle à l’épanouissement du théâtre au Canada. Leur carrière sert d’exemple et d’inspiration aux finissants qui s’apprêtent à faire le saut dans le milieu du théâtre professionnel. Ce prix porte le nom de deux fondateurs de l’École nationale de théâtre : Jean Gascon et Powys Thomas.

Le Prix Gascon-Thomas est honorifique et symbolique. Ceux et celles qui le reçoivent font partie d’un petit groupe d’individus sans lesquels la vie théâtrale ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui. Il suffit de se rappeler quelques-uns des récipiendaires pour s’en convaincre : Mercedes Palomino (1990), Gratien Gélinas (1991), Marcel Sabourin (1993), Louisette Dussault (1995), Jean-Louis Millette (1996) et Marie-Hélène Falcon (1998).

Bousculer les conventions

Par l’originalité de son style, la diversité de ses modes d’expression et la profondeur de sa vision du monde, Michel Tremblay se situe parmi les auteurs marquants de notre temps. Ses textes sont au cœur de l’histoire de l’École nationale de théâtre. Depuis le début des années 70, son écriture encourage les élèves de l’ÉNT à oser un théâtre différent. Son exemple inspire les jeunes auteurs à prendre le risque de coucher sur papier des idées et des paroles qui bousculent les conventions. Le Prix Gascon-Thomas s’ajoute à la vingtaine de prix et aux nombreux honneurs qui lui ont été décernés depuis le début de sa carrière.

Né dans un quartier populaire de l’Est de Montréal, Michel Tremblay découvre très tôt sa vocation d’écrivain. À 18 ans, il s’inscrit à l’Institut des Arts graphiques, où il apprend le métier de linotypiste. Il entreprend alors la rédaction de contes fantastiques qu’il réunira plus tard en un recueil : Contes pour buveurs attardés. En 1964, il soumet une pièce, Le Train, au concours des Jeunes auteurs de Radio-Canada : il remporte le premier prix. C’est cette année-là qu’il rencontre André Brassard, actuellement directeur du programme d’Interprétation de l’ÉNT, qui deviendra le metteur en scène de presque toutes ses pièces.

À ses débuts, l’auteur tire parti d’un curieux atout : l’inconscience. Ne connaissant pas les règles du « marché » théâtral, il écrit Les Belles-Sœurs, une pièce à quinze personnages qui fait sursauter Mercedes Palomino, directrice du Théâtre du Rideau Vert. « Lorsqu’elle m’a demandé de couper cinq personnages, j’ai été tellement ahuri qu’elle n’a pas insisté. Bravo pour l’inconscience, parfois », note-t-il. Nous sommes en 1968. La pièce connaît un succès retentissant.

Comment expliquer cet engouement ? Michel Tremblay est convaincu qu’au moment de sa création, la pièce aurait eu un succès identique, même si elle avait été de moins bonne qualité. « André Brassard et moi, avons créé un langage théâtral que les gens attendaient. Il y avait une ouverture et un besoin de parole nouvelle qui se sont traduits dans d’autres spectacles comme ceux de Robert Charlebois », rappelle-t-il.

À partir de 1978, l’auteur travaille à une œuvre romanesque de grande envergure, Les Chroniques du Plateau Mont-Royal, qui comprend, entre autres, La Grosse Femme d’à côté est enceinte (1978), La Duchesse et le roturier (1982) et Un Objet de beauté (1997). Plus récemment, il a fait paraître Douze coups de théâtre (1992), Un Ange cornu avec des ailes de tôle (1994), La Nuit des princes charmants (1995) et Quarante-quatre minutes quarante-quatre secondes (1997).

En plus des 22 pièces de théâtre et des 11 romans qu’il a écrits jusqu’à présent, son œuvre comporte des comédies musicales, des scénarios de films, des recueils de nouvelles, un livret d’opéra, des chansons, ainsi que bon nombre de traductions et d’adaptations d’auteurs étrangers.

Christopher Newton

Le lauréat anglophone du Prix Gascon-Thomas 1999, Christopher Newton, œuvre à titre de directeur artistique du Shaw Festival depuis 20 ans. Ce festival, qui se déroule chaque année d’avril à novembre à Niagara-on-the-Lake en Ontario, présente des pièces de Bernard Shaw, ainsi que des œuvres écrites entre1856 et 1950, période où celui-ci a vécu. En plus d’y programmer des pièces d’auteurs de renom tels Oscar Wilde et Noel Coward, Christopher Newton a choisi d’explorer un répertoire moins connu du grand public. Son but premier est d’engendrer un théâtre qui soit un défi tant pour les acteurs que pour les spectateurs. Celui-ci semble atteint : la notoriété et la popularité du Shaw Festival n’ont fait que croître depuis l’arrivée du directeur artistique. Chaque année, les élèves de l’École visitent, en alternance, le Shaw Festival et le Stratford Festival.